Maniema : les communautés locales prennent en main la gestion de plus de 52 000 hectares de forêts
Publié le 21-09-2026 - Catégorie: EnvironnementGouvernance forestière communautaire : une nouvelle étape pour la conservation et la reconnaissance des droits des communautés dans le Sud-Maniema.
La province du Maniema franchit une nouvelle étape dans la gouvernance forestière communautaire. Sept concessions forestières, couvrant au total plus de 52 000 hectares, ont été attribuées à sept communautés locales, dont six dans le territoire de Kabambare, secteur de BB Wamaza, et une dans le territoire de Kasongo, chefferie de Nonda.
Les concessions concernent les communautés de Kaliumba (LUFINDI), Muhedja (ABADJA), Mulenda (BENYEYOZA), Risasi (LUSAMBI LWAKITITA), Lupanga (KANGULE), Musalay (KALUMBA) et Benyengundu Kyalula (NGUNDU KYALULA). Elles ont été accordées à titre gratuit et perpétuel, à travers des arrêtés contresignés par le Gouverneur du Maniema, Mussa Kabwankubi Moïse, et le Ministre provincial de l’Environnement, Mutoro Tambwe Josué.
Une reconnaissance du rôle des communautés
Cette avancée intervient dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la participation des communautés locales à la gestion et à la protection des ressources forestières. Elle résulte notamment de l’accompagnement technique et du plaidoyer menés par Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network) auprès des autorités provinciales.
Pour les communautés bénéficiaires, ces concessions représentent bien plus qu'un cadre administratif. Elles constituent un outil juridique permettant de renforcer leur implication dans la gestion de leurs territoires forestiers et la protection de leurs ressources.
« Grâce à la collaboration des autorités provinciales, une nouvelle ère s’ouvre aujourd’hui au Maniema. Pour la première fois, les droits de jouissance et d’usage des communautés sur leurs forêts ancestrales sont pleinement reconnus », a déclaré Josué Aruna, Directeur Pays de CBCS-Network.»
Des forêts sous pression
Les territoires concernés font face à différentes pressions, notamment l’exploitation du bois et le braconnage. Les forêts abritent également une biodiversité importante, comprenant notamment des éléphants de forêt, chimpanzés et perroquets gris, ainsi que des essences forestières à forte valeur.
La reconnaissance des concessions communautaires offre ainsi un cadre pour renforcer les mécanismes locaux de surveillance, de conservation et de gestion durable des ressources.
Pour les communautés, la forêt représente également un patrimoine culturel et social transmis entre générations. Sa protection est liée à la préservation des moyens de subsistance, de l’identité et des savoirs locaux.
Vers une gouvernance forestière plus inclusive
Au-delà de la reconnaissance juridique, le principal enjeu sera désormais la mise en œuvre effective des plans et mécanismes de gestion communautaire, ainsi que le renforcement des capacités des communautés à assurer la surveillance et la conservation de leurs territoires.
Cette dynamique pourrait également créer, sous réserve des cadres juridiques et des règles applicables, des possibilités de participation aux initiatives liées au climat et aux mécanismes carbone.
À travers cette initiative, les communautés de Kabambare et de Kasongo sont appelées à jouer un rôle accru dans la protection des forêts et de la biodiversité du bassin du Congo, tout en contribuant au développement durable de leurs territoires.
Pour CBCS-Network, cette expérience illustre l’importance d’une gouvernance forestière participative dans laquelle les communautés locales sont reconnues comme des acteurs essentiels de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.
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